La reconversion professionnelle
pour les personnes en situation de handicap

Suite à un accident, une maladie ou à l'évolution d'un handicap, certaines personnes ne sont plus en mesure d'exercer leur métier. Mais avoir un handicap ne signifie pas mettre sa carrière professionnelle de côté, bien au contraire. Se reconvertir fait partie des solutions pour continuer à être actif professionnellement, notamment lorsque le reclassement interne n'est pas envisageable. Démarches, droits et financement, tout ce qu'il faut savoir sur la reconversion professionnelle pour les personnes en situation de handicap.

Première étape : faire reconnaître son handicap avant d'envisager une reconversion professionnelle

Outre les dispositifs déjà existants pour la reconversion professionnelle, les personnes en situation de handicap disposent de droits et de dispositifs propres à leur situation. Cependant, pour en bénéficier, elles doivent d'abord faire reconnaître leur handicap. Cette démarche se fait auprès de la Maison départementale des personnes handicapées, la MDPH. Une fois la demande déposée, une commission des droits de l'autonomie des personnes handicapées l'étudie et accorde ou non la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé, la RQTH.

A noter que le délai pour obtenir une réponse de la commission varie de trois à six mois. Il est donc conseillé de faire la demande au plus tôt pour être certain de suivre la formation souhaitée.

La place du reclassement interne dans la reconversion professionnelle des personnes en situation de handicap

Avant de se tourner vers la reconversion professionnelle, chaque travailleur en situation de handicap doit d'abord se voir proposer un reclassement au sein même de son entreprise. Pour ce faire, le manager, les ressources humaines et la médecine du travail se concertent pour déterminer les aménagements les plus adaptés avec le handicap du salarié. Ces aménagements concernent soit les horaires de travail soit le poste en lui-même ou les deux. Toutefois, le reclassement interne est plus accessible dans les grandes entreprises que dans les petites. En effet, les postes y sont plus diversifiés et il est donc plus facile de mettre en place des aménagements.

Il se peut, quelle que soit la taille de l'entreprise, qu'aucun reclassement ne soit possible. Dans ce cas précis, l'employeur n'a pas d'autre solution que de procéder à un licenciement pour inaptitude. C'est également cette décision que prend l'entreprise lorsque le travailleur handicapé refuse les aménagements proposés. En effet, ce dernier est en droit de décliner la proposition sans que cela ne soit considéré comme une faute.

Vers qui se tourner ?

Pour accompagner les personnes en situation de handicap dans leur projet de reconversion professionnelle, il existe divers organismes. Citée précédemment, la MDPH a pour mission d'accueillir, d'informer et de conseiller les travailleurs handicapés.

Il y a également l'Agefiph, l'association de gestion des fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées. Son rôle est d'encourager l'intégration des travailleurs possédant la RQTH en entreprise et d'assurer leur maintien dans l'emploi.

De son côté, la Fagerh, la fédération des centres de reconversion professionnelle pour les personnes en situation de handicap, oriente, forme et accompagne les travailleurs handicapés dans leur recherche d'emploi.

Cap Emploi est un organisme de placement spécialisé (OPS) dont la fonction est de préparer, accompagner, effectuer un suivi et s'assurer du maintien dans l'emploi des travailleurs ayant un handicap.

Enfin, le fonds pour l'insertion des personnes handicapées dans la fonction publique, le FIPHFP, accompagne les agents publics atteints de handicap et les aide à conserver une activité professionnelle.

Les différentes voies de reconversion professionnelle possibles pour les personnes en situation de handicap

Plusieurs moyens ont été mis en place pour les travailleurs en situation de handicap afin de faciliter leur reconversion professionnelle. Toutefois, il est indispensable qu'ils vérifient en amont que leur parcours de formation est bien conciliable avec leur handicap.

Le programme d'orientation et de réorientation

Le programme d'orientation et de réorientation permet d'effectuer un stage en entreprise pour une durée de 12 semaines maximum. Ce stage a plusieurs objectifs : vérifier que le métier plaît et qu'il est compatible avec les capacités du travailleur handicapé, définir clairement son projet professionnel et son parcours de formation.

Pour en bénéficier, il faut se tourner vers la MDPH, Cap Emploi, les missions locales, l'Agefiph, les conseils régionaux ou les centres de rééducation professionnelle (CRP).

Le stage de rééducation professionnelle

Contrairement au précédent, le stage de rééducation professionnelle dure entre 10 et 30 mois. Il permet de suivre une formation qualifiante et de percevoir en parallèle une rémunération. Il se déroule au sein d'un CRP.

Le contrat d'apprentissage

A l'inverse des autres travailleurs, les personnes en situation de handicap ont la possibilité de se reconvertir via un contrat d'apprentissage et sans restriction d'âge. L'Agefiph propose un accompagnement pour ce type de parcours.

Se reconvertir auprès d'autres organismes agréés

Un travailleur handicapé peut tout à fait suivre une formation sans passer par les dispositifs précités. Toutefois, pour jouir d'un accompagnement personnalisé et d'une aide, les organismes doivent être répertoriés auprès de l'Agefiph. Tel est le cas pour les Greta ou l'Afpa qui proposent maintes formations dans des domaines variés.

Les dispositifs de droit commun aussi peuvent être utilisés par les travailleurs handicapés pour se reconvertir

Bien que les personnes en situation de handicap disposent de dispositifs spécifiques pour les aider dans leur reconversion professionnelle, elles ont la possibilité d'avoir recours aux dispositifs dits de droits communs. C’est-à-dire ceux qui existent déjà pour tous les travailleurs. Il s'agit du compte personnel de formation, de la validation des acquis de l'expérience et du projet de transition professionnelle.

Le compte personnel de formation permet notamment de financer des formations, de réaliser un bilan de compétences et de bénéficier d'un accompagnement dans un parcours de VAE. Il est mis en place dès l'entrée dans la vie active et est alimenté annuellement d'un montant en euros. Pour les travailleurs reconnus avec un handicap, ce montant est de 800 €, plafonné à 8 000 euros.

La VAE permet de faire valider ses expériences par une certification tandis que le projet de transition professionnelle permet de se former à un nouveau métier lors d'un parcours alliant théorie et pratique sur plusieurs mois.

Le financement de la reconversion professionnelle des personnes en situation de handicap

A l'instar des autres actifs, les travailleurs handicapés disposent de plusieurs aides pour financer leur reconversion professionnelle :
  • le CPF,
  • l'Agefiph, quel que soit le type de formation,
  • la Fagerh, pour un financement total ou partiel,
  • les conseils régionaux, à la condition que la formation soit agréée par l'Etat ou la région,
  • Pôle Emploi, notamment pour l'aide individuelle à la formation ou l'action de formation préalable au recrutement,
  • le Fiphfp pour les agents de la fonction publique.
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