Surmonter la crise de la trentaine

La crise de la quarantaine, tout le monde connaît. Mais saviez-vous que de plus en plus de jeunes adultes connaissent également une crise existentielle autour de la trentaine ? Cette « crise du quart de vie » se répand de plus en plus dans les pays industrialisés.

Sentiment de ne pas être assez « bon » au travail, frustration face au marché de l’emploi qui les empêche d’évoluer professionnellement, difficulté à accéder à la propriété, parents qui rappellent sans cesse qu’au même âge ils avaient déjà « deux/trois/douze enfants », ….

Tout le monde se permet d’avoir un avis sur la vie des trentenaires, sur leur place dans la société, et sur ce qu’ils valent sur le marché du travail.

Une crise du « quart de vie »

Tout comme la célèbre crise de la quarantaine, la crise de la trentaine semble venir de l’idée qu’à un certain âge, on doit avoir tout compris. Voilà qui a de quoi générer confusion et anxiété quand on découvre qu’on est loin d’avoir réponse à tout ou de tout maitriser. C’est l’heure du premier bilan de vie, et certains peuvent alors ressentir un sentiment d’échec en réalisant qu’ils n’ont pas la vie dont ils rêvaient.On perd son insouciance face aux responsabilités, celles qui vont impacter notre futur à long terme, et on se pose les questions qui vont avec : 

« Qu’ai-je accompli ? Suis-je où j’avais rêvé d’être ? Où me conduit ma carrière ? »

On peut alors remettre en question son métier, envisager de démissionner ou de se reconvertir. Ce phénomène serait courant chez les adultes de 28 à 32 ans selon le psychothérapeute Paul Cullen.

Les nouveaux adultes connaissent une vie étudiante riche et longue, dans un univers académique dont ils maitrisent les codes. Le passage vers la vie active peut dès lors être source de bouleversements aussi importants que ceux que vivent les actifs qui prennent leur retraite. Dans les deux cas, c’est la transition entre deux mondes qui génère la « crise ». 

Ils passent d’un monde académique qu’ils maitrisent bien et dans lequel on peut facilement mesurer ses succès (notes, classements, passage dans l’année supérieure, …) à un monde du travail chaotique, dont ils ne maitrisent pas les codes et qui leur renvoie l’idée qu’ils ne « valent » rien (puisque faible rémunération, difficulté à avoir un emploi stable…).

Les étudiants qui envisageaient la vie active comme une forme de « libération » (générer ses propres revenus et disposer de son argent, construire leur avenir, …) vont de désillusion en désillusion. Le sentiment d’insécurité et de stress chez ces adultes est réel et constant.  

Longtemps méconnue ou ignorée, la crise de la trentaine est de plus en plus médiatisée et entendue, notamment grâce à une nouvelle génération de trentenaire, plus à l’écoute de ses besoins, plus ouverte à la remise en question de son parcours de vie, et qui valorise le bien-être et le développement personnel. Mais ce n’est pas non plus un phénomène nouveau, puisqu’une étude britannique de l’université de Warwick mettait déjà en avant cette insatisfaction et ce mal-être professionnel dans une publication datée de 1996.

"Si tu n’as pas de CDI à 30 ans, tu as raté ta vie"

Dans le milieu du travail, le temps de la découverte de la vie professionnelle est passé. Le monde du travail ne correspond pas à leurs attentes, ils sont tiraillés entre les métiers qui recrutent et les disciplines qu’ils ont réellement envie de pratiquer.

Élevés dans un système qui prône l’excellence et la compétition, les jeunes actifs arrivent sur le marché de l’emploi très (trop ?) diplômés mais ne trouvent pas d’emplois qui leur correspondent ou bien ils ont le sentiment de stagner. Leur carrière et leur niveau de vie leur apparaissent comme insatisfaisants.

L’insécurité s’installe quand ils n’obtiennent pas d’emploi stable, qu’ils cumulent les CDD,… Cette nouvelle forme de précarité, peut les empêcher d’accéder à la propriété, de faire des projets sur l’avenir, et renforce ce sentiment ne pas être un adulte « adéquat ».

La société a tendance à juger leurs choix de dépenses, trop matures (ils cherchent à devenir propriétaire avant 25 ans) ou pas assez (« tu es toujours locataire ? Mais qu’est-ce que tu fais de ton salaire ? « )

 Sans surprise, ils remettent alors leurs choix de carrière en question et envisagent de démissionner, de reprendre des études, de se reconvertir.

Voir également : La reconversion professionnelle à 30 ans

Les millenials, ces nouveaux adultes

Avoir 30 ans c’est aussi réévaluer ses relations sociales. Les amitiés s’effilochent, d’une gigantesque bande de potes on se retrouve entouré de 3 ou 4 amis.

Les temps modernes sont également propices à la comparaison. Entre amis, sur les réseaux sociaux, au bureau, tout le monde compare ses vacances, sa déco, ses enfants, son mariage, … Qu’on le veuille ou non, on est exposé à la vie des autres et on l’observe au travers du prisme de notre propre vie. Et de nombreuses personnes en tirent la conclusion que les autres réussissent mieux qu’eux d’une manière ou d’une autre.

On doute de ses réalisations et de ses choix, on s’interroge sur ses relations amoureuses. C’est aussi le moment où on questionne le désir d’enfant, le fait de créer sa famille. Ils se disent qu’ils ont encore le temps, qu’il n’y a pas d’urgence, ou bien s’ils ont des enfants ils s’inquiètent de bien s’en occuper.

Les trentenaires aspirent de plus en plus à trouver un équilibre entre vie professionnelle et personnelle et ne veulent pas sacrifier leur bien-être à leur travail.

Passer le cap

Bonne nouvelle, tous les jeunes actifs ne traversent pas une crise du quart de vie. Et pour ceux qui vivent ces moments d’incertitudes et de remise en question : Bravo ! Vous êtes sur la bonne voie. Se remettre en question, c’est l’occasion d’apprendre sur soi, d’évacuer les tensions et d’éviter un burn-out…

Si le cap des trente ans peut être une épreuve pour certains, il est important de réaliser que ce n’est qu’un bilan du PASSÉ. Il reste énormément de temps aux jeunes trentenaires pour adapter leur réalité, changer, et capitaliser sur leurs succès passés. Si la crise du quart de vie est celle de la maturité, il est donc temps de se pencher sur la question de ce qui vous intéresse réellement, de mettre du sens sur vos activités, notamment au niveau professionnel. Avec 30 ans d’expériences de votre propre vie, vous vous connaissez mieux qu’à 18 ou 25 ans et vous êtes aussi plus apte à faire les choix qui vous correspondent.

Il faudrait également prendre conscience que les exigences des autres et de la société en général sont particulièrement élevées à cet âge : être propriétaire, avoir une relation de couple stable, des enfants, partir en vacances régulièrement, … On l’impression que notre statut social et notre reconnaissance en dépendent.

Mais rien ne vous oblige à vous imposer CE chemin en particulier s’il ne vous convient pas. Les fameuses phrases à base de « je devrais être/avoir/faire … » sont souvent nourries par la pression sociale. Ce n’est pas parce qu’on vous les rabâche à longueur de journée que cela les rend vraies. Vous seul êtes capable de déterminer vos envies et vos projets de vie. Les personnes qui réussissent le mieux sont d’ailleurs, souvent, celles qui ont suivies leur propre voie.

Alors faites vos propres choix, définissez VOS priorités dans la vie et si votre chemin dévie de la route toute tracée qu’on vous avait prédit, cela n’indique en aucun cas que c’est forcément un échec. C’est peut-être juste le signe que vous construisez votre propre chemin, qui nourrit vos aspirations à vous. Redéfinissez le succès selon vos critères et appliquez-les vous.

Faites-vous confiance, si vous prenez la peine de vous connaître et de savoir où vous êtes, vous trouverez forcément où aller.  

En résumé

  • La crise de la trentaine est une remise en question, un tiraillement entre ce que la société attend des trentenaires et ce qu’ils veulent réellement.
  • Le marché de l’emploi peut être très décevant pour un jeune professionnel. Il y a un décalage entre ce qu’on leur a promis et ce qui est réellement possible.
  • Il n’y a pas une seule manière de réussir. C’est à vous de définir les critères de votre modèle de réussite.

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